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IRSC 2016

Nous vous rappelons que le 26e Congrès international de la sécurité ferroviaire, the International Railway Safety Council (IRSC) se tiendra du 2 au 7 octobre 2016 en France, à l'hôtel Pullman Bercy, Paris...
29 septembre 2020

Message du nouveau directeur général de l'EPSF, M. Laurent Cébulski

Je tiens tout d’abord à remercier vivement Mme Florence Rousse qui, durant son mandat de plus de cinq années, a donné à l’EPSF une nouvelle envergure. Sa gouvernance émérite a permis d’ancrer l’établissement dans les instances de recherche & développement afin d’être prêts à appréhender les innovations à venir, d’étendre le champ des coopérations autour des questions de sécurité et de passer avec succès l'étape du 4e paquet ferroviaire dès juin 2019. C’est un honneur de lui succéder. Je remercie également M. Pierre Pimpie, directeur de cabinet, qui a brillamment assuré l’intérim de la direction générale de l’établissement au cours de cet épisode inédit de l’année 2020.
 
C’est un incontestable défi que celui de commencer un mandat dans un contexte de crises et d’incertitudes, qu’elles soient sanitaire, économique ou environnementale. Alors que l’industrie se mobilise pour faire face et impulser la reprise, que les réflexions sur « l’après » nourrissent de nouvelles méthodes de travail et d’interactions, la question de la sécurité reste et doit rester centrale. L’assouplissement provisoire de certaines règles et la prolongation de la validité de titres d’habilitations et d’autorisations, nécessaires au maintien d’une continuité de service dans un contexte dégradé, devront faire l’objet d’un bilan pour alimenter une réflexion plus générale sur notre rapport aux risques, aux règles et à leurs hiérarchisations.
 
Dans un système où le principe de précaution est devenu la norme, l’application de la règle reste l’outil prépondérant pour « couvrir » les risques car il est naturellement plus simple d’appliquer une consigne que d’évaluer intrinsèquement la sûreté de fonctionnement d’un système, surtout quand celui-ci repose sur l’humain et l’organisation dans laquelle il interagit.
 
À l’aune d’une ouverture à la concurrence étendue qui devrait voir croître de façon conséquente le nombre d’acteurs cohabitant au sein du système ferroviaire, que ce soit sur les grandes lignes ou au niveau des dessertes fines, la période que nous venons de vivre est une opportunité pour faire le point sur la sécurité de ce système. Nous devrons également poursuivre nos réflexions sur les transformations digitales à venir, en appréciant finement leurs impacts. Le recours progressif à la modélisation et à la virtualisation, l’afflux massif de données pour alimenter des modèles prédictifs, la prise en compte indispensable des enjeux de cybersécurité dans les nouveaux systèmes sont autant de défis auxquels nous devrons faire face en nous assurant que le niveau de sécurité ne soit en aucun cas altéré. Certaines règles seront à établir, d’autres à améliorer ou à simplifier sans opposer la prise d’initiatives et la responsabilité qui en découle.
 
Gardons en tête que tout ne peut pas être écrit ni régi. Certes, la sécurité s’inscrit dans un cadre fait de règles et de pratiques mais elle ne pourra jamais être réduite à des données entrées dans des cases pour alimenter un modèle unique. Le dialogue reste et restera toujours un élément crucial d’appréciation dans la relation contrôleur / contrôlé. Au-delà de ses missions de contrôle a priori et a posteriori, c’est le fondement même d’une autorité de sécurité que d’aider les acteurs à comprendre le contexte, à débloquer des situations et à trouver des solutions pour que le système puisse continuer à fonctionner et à progresser. Cela ne saurait se faire sans la coopération étroite avec les services du ministère en charge des Transports avec lesquels les échanges permanents, dans un esprit de co-construction, permettent de bâtir le cadre nécessaire pour gérer les situations présentes et à venir. Nous travaillons d’ores et déjà sur les nouveaux enjeux qui nous attendent : ceux du verdissement (hydrogène, batteries), de l’autonomie des trains et, au-delà, du déploiement de nouvelles technologies qui impacteront inéluctablement la règlementation en vigueur.
 
La complexité de conception de ces nouveaux systèmes, et donc de compréhension de leur fonctionnement pour identifier leurs potentiels modes de défaillance, constitue un enjeu en soi : ils nécessitent une expertise de plus en plus pointue et de plus en plus rare sur le marché. Nouvelles technologies, nouveaux acteurs toujours plus nombreux, nouveaux découpages des territoires, il sera primordial de maintenir une autorité de sécurité forte, évolutive, anticipatrice et au service de l’ensemble des acteurs du secteur, vétérans comme nouveaux entrants.
 
Les échanges et le partage de pratiques avec les autres acteurs de la sécurité, nationaux et internationaux, quel que soit leur secteur d’activité, sont également une source d’enrichissement que nous continuerons de renforcer, tout comme nos coopérations avec l’Agence de l'Union européenne pour les chemins de fer, l’ART, le STRMTG, l’ANSSI, l’IRT RAILENIUM, la FONCSI, maillage d’acteurs indispensables avec lesquels nous travaillons régulièrement en réseau.
 
C’est dans cet esprit que l’ensemble des équipes de l’EPSF est mobilisé pour écrire cette nouvelle page qui commence aujourd’hui.